Le motif de la chemise de nuit commence à apparaître dans ma peinture avec la mémoire d’une chemise de nuit donnée par ma grande mère par ce geste passe la transmission d’une temporalité féminine.

Ma première toile traitant de ce sujet date de 2012 (précédée quelques années plutôt par de multiples dessins dans mes carnets). Cette dernière « Nightgown I » dresse la chemise à ma taille mais sans tête, ni visage. Le point de départ est un moment vécu de vie familiale, lié à l’intimité ; il prétend devenir un objet universel qui sonde notre condition humaine grâce aux questionnements soulevés par ce voilage, qui peuvent être de nature philosophique, théologique ou morale et qui peuvent porter une dimension sociale ou anthropologique.

Il y a une forme d’investissement affectif, une temporalité aussi : cette étoffe habitée, porte une histoire, mais a aussi un sens profond dans le geste du prolongement : celui de garder, de se souvenir, d’ancrer une histoire qui n’a de cesse de se renouveler. Ce voile de nuit est le lieu de l’intime. Et le regard dès lors, faisant preuve d’une certaine retenue, se masque à son tour pour rendre visible « le caché ». Drapé/désir, drapé/peau quelle fonction et quel sens peut engendrer cette image dans les strates de la peinture ?

 

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