Laqlaq l’atelier. Le héron qui fait danser les peintures.

 Spectacle vivant – exposition mouvante  sonore. 2009

Improvisation danse-musique en rapport avec les toiles de N. HODAIFA. Musique : Youssef Hbeisch, danse : Elsa Pernot, Janet Amato et Alice Pernot. Collège Néerlandais, Paris.

« Laqlaq, désigne la cigogne, mais si Nagham Hodaifa privilégie le son qui claque, c’est l’image du héron malek al-hazin, en traduction littérale : le possesseur triste, ou le maître des tristesses qui impose son image, oiseau de nombreuses légendes au Moyen Orient, il symbolise aussi l’indiscrétion ; il se substitue parfois à l’image du phénix. »

 « La mise en scène picturale s’invente : non plus un décor fixé au mur, mais actrice et représentation d’elle-même. Le peintre Nagham Hodaifa conçoit, au péril de l’œuvre, une manière nouvelle d’exposer la peinture qui oblige à repenser les usages et les matériaux.

   – Or depuis plus de deux ans, faisant suite aux visages, le peintre pose du corps sur sa toile : pieds, nus ou chaussés, mains, esquisses hâtives. Elle dresse le portrait de l’atelier lui-même végétalisé en paysage qui l’entoure et l’observe : deux manières de faire jouer le dedans dehors. Comme tout peintre qu’incommode l’intrusion dans son univers, Nagham observe le silence. Elsa s’approprie le lieu, le convertit en piste où valsent le mouvement, le volume et les questions. Elle oblige le peintre, tête et pieds immergés dans la peinture, à sortir de la surface, de l’image fixe. Une peinture en 3D ? Et pour Nagham, toujours inquiète de la fragilité des toiles manipulées, déformées, quel ne fut son effroi lorsque Janet s’est glissée sous le châssis, a rampé puis a émis l’idée de se rouler dans la peinture ! L’incompréhension était réciproque. Le malaise passé, le dialogue a pu se faire : comment concilier les approches spatiales ? »

[Extrait du texte de Martine Monteau, 2009]