Elle commence à apparaitre dans ma peinture avec la mémoire d’une chemise de nuit donnée par ma grande mère : par ce geste passe la transmission d’une temporalité féminine. Chemise de nuit I, 2012, est la première traitant de ce sujet, elle a ma taille mais sans-tête, ni visage.

Effacer ou masquer le visage est voulu. Si toute rencontre ou accueil d’autrui passent par le visage,  j’essaye dans ma peinture d’autres moyens de rencontre. Dans l’image, le lieu du regard est déterminant, il dirige l’attention et réalise la rencontre. La face mise en abîme porte des dualités, à commencer par celle de l’extériorité et de l’intériorité, elle nous fait signe entre essence et apparence, âme et corps, feinte et vérité, artifice, fards et masques et mise à nu, comédie ou confession, façade ou aveu, don ou dérobade. L’accueil d’autrui passe par le regard. L’être s’y montre et s’y retire. Pour ces raisons je masque parfois la tête, la mets hors cadre dans mes toiles.